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La Chine prête à aider le Liban en faillite

par Christine Bierre et Hussein Askary

Le gouvernement libanais fait face aujourd’hui à un choix vital : chercher de l’aide auprès du FMI en acceptant ses conditions habituelles qui feront plus de mal que de bien à la population, ou se tourner vers la Chine — « vers l’Est », comme le disent certains — pour obtenir une aide économique à des conditions acceptables.

Sous la menace d’une déstabilisation politique qui pèse sur le pays, le Département d’Etat américain faisant tout pour fomenter la discorde, mais aussi d’une chute du niveau de vie des populations pouvant même conduire à la famine, la Chine vient de faire connaître sa volonté d’apporter son soutien à la reconstruction de l’économie productive du Liban.

Le quotidien libanais Al-Akhbar a publié le 7 juillet des informations sur la rencontre à Beyrouth entre l’ambassadeur chinois Wang Kejian et le Premier ministre Hassan Diab et plusieurs de ses ministres, le 3 juillet dernier. Selon Al-Akhbar, cet entretien « a conduit Diab à annoncer que le Liban est prêt à recevoir des messages chinois et à les transformer en actes ». Al-Akhbar a publié ensuite le contenu de deux lettres qui sont parvenues au gouvernement il y a 10 jours « dans lesquelles dix énormes sociétés chinoises confirment leur volonté d’investir dans des projets d’infrastructure au Liban, malgré la crise financière qu’il traverse ».

Les ministres de l’Environnement, de l’Industrie, des Travaux publics, des Transports, du Tourisme et de l’Energie ont assisté à la réunion du Premier ministre Hassan Diab avec Wang. Selon Al-Akhbar les deux parties ont discuté en détail de la manière dont les travaux de financement et de construction seront menés. M. Wang aurait même indiqué quel serait le mécanisme de conduite du gouvernement chinois et des entreprises privées qui seraient impliquées, ainsi que les mécanismes d’octroi des prêts d’investissement.

Une discussion a également eu lieu avec chaque ministre sur les projets qui concernent leur ministère, des chemins de fer au traitement des eaux, de la production d’électricité au traitement des déchets et aux projets industriels. Le Premier ministre Diab aurait mandaté le ministre de l’Industrie Emad Hob Allah pour assurer le suivi des portefeuilles de coopération avec les entreprises chinoises. « La réunion a été très positive, et le Premier ministre Diab a clarifié que nous ne voulons pas aller à l’Est ou à l’Ouest, mais que nous sommes ouverts à tout ce qui peut aider notre pays et à tous ceux qui veulent y investir » rapporte ce quotidien, citant des sources du gouvernement. Al-Akhbar affirme avoir obtenu des copies de deux lettres reçues par le gouvernement libanais mardi dernier, dans lesquelles dix grandes entreprises chinoises, dirigées par le géant SINOHYDRO, confirment leur volonté immédiate d’investir au Liban, notamment dans les projets globaux d’électricité et de chemin de fer. Cependant, la prise de position la plus importante dans les deux lettres est l’affirmation par les sociétés de leur volonté d’investir au Liban, « malgré les conditions financières du pays, et l’annonce par le Liban de son incapacité à payer ses obligations internationales, et au plus fort des négociations avec le Fonds monétaire international ».

Les deux lettres, selon Al-Akhbar, « comprennent une affirmation de l’intention de la Chine d’aider le Liban à surmonter la crise et de contribuer à la stabilité requise tout en développant les infrastructures ». Al-Akhbar souligne l’échec du système occidental en disant « qu’avec l’annonce par le Liban du défaut de paiement des obligations et de l’état de la monnaie locale, les entreprises internationales aujourd’hui, n’oseront pas penser à investir au Liban, sans la garantie de la Banque mondiale, qui à son tour n’ira pas au-delà des négociations libanaises avec le FMI ».

Le ministre de la défense Zina Aker avait déclaré qu’aucune des entreprises occidentales n’investirait dans le secteur de l’électricité au Liban avant que ne soit confirmé l’accord avec le FMI, politique qui s’applique à toutes les grandes entreprises et aux entreprises privées chinoises également. Si cela est vrai, cette politique ne s’applique pas au groupe dirigé par Sinohydro, une entreprise publique chinoise disposant d’un capital énorme qui lui permet de limiter l’impact des sanctions américaines. En outre, Al-Akhbar rapporte que la caractéristique la plus importante de la coopération de la Chine avec le Liban est qu’elle aplanit tous les obstacles bureaucratiques à cette coopération. Al-Akhbar a appris que Sinohydro avait obtenu l’approbation de la China Export and Credit Insurance Corporation (Sinosure), un organisme officiel de « garantie de prêt en Chine », dont le rôle est de donner l’autorisation aux entreprises chinoises de travailler, pour garantir le projet de chemin de fer, sur la base du protocole d’accord signé avec le ministère des travaux publics.

Les représentants de cette société se préparent à se rendre au Liban, si le gouvernement chinois autorise ses citoyens à voyager, et ses représentants sont prêts à mener des discussions avec Diab et les membres du gouvernement via « vidéo-conférence », pour accélérer le travail. La première lettre obtenue par Al-Akhbar porte sur l’augmentation de la production d’électricité dans le pays. Le groupe d’entreprises chinoises a rappelé au Premier ministre libanais sa visite au Liban en 2019, où il avait déjà examiné les données relatives à la crise de l’électricité et à la nécessité de nouvelles centrales électriques. « Nous sommes donc intéressés à investir dans ces projets importants, en particulier les stations de Zahrani et Deir Ammar » indique la lettre.

La deuxième lettre fait référence au protocole d’accord signé avec le ministère libanais des Travaux publics, portant sur les travaux ferroviaires et le secteur des transports, annonçant sa volonté de mettre en œuvre des projets qui comprennent « la mise en place d’une voie ferrée du nord au sud, l’immense système de transport public de Beyrouth, et le tunnel de Beyrouth (Dahr al-Baydar vers la frontière syrienne) pour le chemin de fer ou l’autoroute internationale, ou les deux ensemble ».

Ces deux projets incluent la confirmation par les entreprises chinoises de leur volonté de construire les projets suivants : des centrales hydroélectriques ou à gaz et à carburant, en plus des lignes de transmission d’électricité ; des centrales d’énergie alternative (solaire ou éolienne), des projets de traitement des eaux (eau potable, eaux usées et eaux polluées, y compris le nettoyage du Litani) ; des routes nationales et internationales, chemins de fer, développement des ports et des aéroports et des systèmes d’eau ; des investissements dans le secteur financier et le commerce international.

Le gouvernement libanais n’a donc pas d’autre choix que d’opter pour la coopération avec la Chine. Al-Akhbar souligne que c’est la pression américaine qui a poussé le Liban dans cette direction. Depuis que le secrétaire général du Hezbollah, M. Hassan Nasrallah, a parlé d’un « départ vers l’Est (…) [Iran Chine], comme option alternative à l’esclavage, le Liban est devenu le théâtre d’une bataille médiatique entre la diplomatie américaine et l’ambassade de Chine à Beyrouth  ». Al-Akhbar en tire la conclusion suivante : « Plutôt qu’entraver l’Initiative de la Ceinture et la Route comme cela s’est produit en Palestine occupée [Israël – ed.] (...) la visite du Secrétaire d’Etat Mike Pompeo et sa rencontre avec le Premier Ministre ennemi Benjamin Netanyahu, l’informant des mises en garde de Trump contre la coopération avec la Chine, a, au contraire, accéléré le rythme de l’ouverture mutuelle sino-libanaise ».

Nasrallah aux Américains : ne sanctionnez pas tout le peuple libanais

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah n’a pas été par quatre chemins pour dénoncer l’ingérence américaine dans son pays dans un discours télévisé commenté par l’Orient le Jour. Le 7 juillet, Nasrallah s’en est pris à la politique américaine de « siège et d’asphyxie » vis-à-vis du Liban et à « l’ingérence » de l’ambassadrice américaine au Liban Dorothy Shea, l’accusant de chercher à « monter les Libanais les uns contre les autres ».

Les accusations d’ingérence du leader du Hezbollah portent notamment sur les nominations à la Banque centrale du Liban. « Ces procédures ne sont peut-être pas nouvelles, mais ce qui est nouveau, c’est qu’elle le fait au vu et au su de tous » a-t-il déclaré. « Tout le monde sait qu’elle a menacé de refuser son aide financière si l’une ou l’autre personne n’était pas nommée. Est-ce de la diplomatie ou les actions d’un pays colonialiste ? » La décision du juge Mohammad Mazeh, « un magistrat courageux qui travaille pour la nation », a été saluée. Il y a deux semaines, Mazeh avait ordonné l’interdiction pour les médias libanais et étrangers travaillant au Liban d’interviewer l’ambassadeur américain pendant un an. Nasrallah a demandé au Conseil supérieur de la magistrature de ne pas accepter la démission du juge, qu’il a présentée la semaine dernière.

« Nous appelons l’ambassade américaine à respecter les accords de Vienne et demandons à Mme Shea de ne pas mentionner certains sujets, tels que les droits de l’homme, lors de ses interventions télévisées, car elle est en mission dans un pays qui souffre des répercussions des guerres lancées par les Etats-Unis dans la région et de leur soutien à Israël ».

Le leader du Hezbollah a également abordé la terrible crise économique et financière au Liban, la pire de son histoire. Il a appelé à la coopération, y compris entre les non-Libanais vivant au Liban, comme les réfugiés palestiniens et syriens.
Se référant aux négociations avec le Fonds monétaire international, Nasrallah a insisté sur le fait que « nous ne devons pas nous limiter à une seule option pour sortir de la crise ».

« Le Liban doit devenir un pays producteur » a-t-il déclaré. « L’État et le peuple libanais ont tous le droit de produire leur propre nourriture ».

En cherchant des solutions, Nasrallah est revenu sur la question de la coopération avec « l’Est », la Chine et l’Iran en particulier. « Cela ne signifie pas se détourner complètement de l’Occident. Nous devons être en mesure de coopérer avec tous les pays, y compris les États-Unis, sauf Israël, et avec toutes les entreprises et organisations qui peuvent fournir de l’aide ou des prêts » a-t-il déclaré.
« Lorsque nous avons évoqué la possibilité de coopérer avec la Chine, nous avons vu que les Etats-Unis ont réagi avec colère, notamment par l’intermédiaire de leur secrétaire d’Etat Mike Pompeo et de l’ambassadrice américaine Dorothy Shea » a-t-il dit, considérant cette réponse comme « la preuve qu’une telle coopération permettrait de sortir le Liban de l’emprise américaine ».

Enfin, Hassan Nasrallah a brièvement évoqué la situation régionale, affirmant que le plan israélien d’annexion de la Cisjordanie (prévu dans le plan américain pour le Moyen-Orient) est « la chose la plus dangereuse » qui se passe actuellement au Moyen-Orient. « Nous sommes en contact avec toutes les factions palestiniennes et nous avons reçu hier une lettre d’Ismail Haniye [leader du Hamas]. En tant que Libanais, nous ne devons jamais oublier la cause palestinienne et nous devons soutenir l’État et le peuple palestiniens, et les soutenir face à ces plans, même si cela implique de recourir à une escalade ».

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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